Paris, le mardi 22 novembre 2011 –
Il y a quelques jours, du 17 au 20 novembre, la Fondation France Libertés organisait un séminaire intitulé « Eau, bien commun de l’humanité ». Ce titre reprenait le slogan de l’un des derniers combats de la présidente et fondatrice de la Fondation France Libertés, Danielle Mitterand. Aux côtés d’autres organisations, elle a en effet œuvré depuis plusieurs années pour que l’accès à l’eau potable soit reconnu au premier rang des droits humains. Cette lutte avait porté ses fruits ces derniers mois : en juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies à New York a ainsi adopté une résolution accordant à l’eau le « statut de bien commun ». Cette première victoire symbolique était essentielle pour la veuve de François Mitterrand qui expliquait : « Celui qui aura la maîtrise de l’eau sera le maître du monde ». Cette étape en annonçait d’autres et notamment la tenue du Forum mondial de l’eau à Marseille en mars 2012 destiné à faire réagir les états et les multinationales afin de protéger l’indépendance de l’eau.
Potiche
Danièle Mitterrand qui s’est éteint cette nuit à l’âge de 87 ans à l’hôpital Européen Georges Pompidou où elle avait été hospitalisée quelques jours auparavant ne participera pas à cette manifestation, tandis qu’elle était parvenue il y a quelques semaines à célébrer les vingt-cinq ans de sa fondation. Cette dernière avait été créée en 1986 et fusionnait trois organisations nées en 1981 au moment de l’élection François Mitterrand. La création de ces organisations devait être le signe de l’indépendance de Danièle Mitterrand qui tout en ayant accompagné son époux dans tous ses combats avait prévenu lors de son arrivée à Élysée : « Je ne veux pas être une potiche ».
Résistante de la première heure
Cette indépendance, Danièle Mitterrand l’exerça de façon parfois dérangeante (tout du moins aux yeux de son époux et de ses alliés politiques) notamment lors de ses prises de position en faveur du régime dictatorial de Cuba qui lui ont été souvent reprochées et qu’elle n’a jamais publiquement regrettées. Mais si cette indépendance lui inspira parfois des admirations contraires à l'esprit de liberté, elle sut également la guider sur le front de la résistance qu’elle rejoignit dès l’âge de dix-sept ans. C’est au sein du réseau où elle œuvrait avec sa sœur qu’elle rencontra François Mitterrand, dont l’engagement dans la résistance avait été postérieur à celui de sa future femme. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy rend hommage à « une femme qui n’abdiqua jamais ses valeurs et poursuivit jusqu’au bout de ses forces les combats qu’elle jugeait justes ».
Aurélie Haroche
Danielle Mitterrand : "grande dame"pour Royal par BFMTV
mardi 22 novembre 2011
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